A la découverte du patrimoine religieux de l’archevêché de Rennes

Le Pouillé historique de l’archevêché de Rennes est une sorte de Guide du Routard qui permet à l’historien, au généalogiste ou à l’amateur d’histoire locale de partir sur les traces du patrimoine religieux du département d’Ille-et-Vilaine, tel qu’il était à la fin du XIXe siècle. Les six tomes de cet ouvrage ont été écrits par l’abbé Guillotin de Corson (1837-1905), alors chanoine honoraire, et publiés entre 1880 et 1886. Ils sont tous disponibles en ligne sur Gallica.1

Carte postale. Collection particulière.

A l’origine, un pouillé est un registre qui recense tous les bénéfices ecclésiastiques, c'est-à-dire les biens destinés à financer un office ecclésiastique. Ce document a, avant la Révolution française, une vocation fiscale. Mais avec Guillotin de Corson, ce terme de pouillé prend une autre signification, plus patrimoniale. Sa zone d’étude est celui de l’archidiocèse de Rennes – qu’il nomme improprement « archevêché » –, espace couvrant les anciens évêchés de Rennes, Dol et Saint-Malo depuis le début du XIXe siècle, soit le territoire du département d’Ille-et-Vilaine.

Les six tomes sont conçus comme un seul ouvrage divisé en trois parties : les évêchés, les monastères et les paroisses. Le premier tome est ainsi consacré à l’histoire des diocèses de Rennes, Dol et Saint-Malo depuis leurs origines médiévales. Guillotin de Corson s’attache à en donner un tableau le plus exhaustif possible : de la description des cathédrales, jusqu’à la liste de tous les bénéfices s’y rattachant, en passant par la liste de tout le personnel ecclésiastique qui y a servi. Dans le tome 2 et le tome 3, l’auteur traite de tous les établissements monastiques présents dans l’archidiocèse de Rennes. Prenant les établissements un par un, c’est à nouveau un mélange d’histoire du lieu et de description architecturale qui nous est proposé. Ces deux tomes sont eux-mêmes divisés en deux grandes sections : les établissements existants avant 1790 et ceux encore en activité à la fin du XIXe siècle ; ainsi qu’en quatre livres : abbayes et prieurés, collégiales, commanderies, couvents.

Les trois tomes suivants sont peut-être plus intéressants encore pour nous, dans le sens où ils nous renseignent sur l’état du patrimoine religieux présent dans l’ensemble des « paroisses » – qui correspondent quasiment au territoire des communes – du département d’Ille-et-Vilaine à la fin du XIXe siècle. En effet, Guillotin de Corson a réalisé un véritable dictionnaire historique des 383 paroisses de l’archidiocèse de Rennes, classées par ordre alphabétique. Le tome 4 regroupe les paroisses d’Acigné à Javené. Le tome 5 rassemble celles de Laignelet à Saint-Domineuc. Le dernier tome, quant à lui, réunit celles de Saint-Anne-sur-Vilaine à Vivier. Si l’on prend, par exemple, la notice d’Amanlis, on y trouve tout d’abord un bref historique des origines ecclésiastiques de la paroisse depuis la vente au « milieu du XIe siècle […] du quart de l’église d’Amanlis » aux Bénédictins de Marmoutiers par « un seigneur nommé Rivallon Le Normant ». Ensuite, l’historique de la construction et des modifications de l’église paroissiale dédiée à Saint-Martin nous est présenté. Puis Guillotin de Corson dresse les listes de toutes les chapelles présentes sur le territoire paroissial – en donnant plus ou moins de détails –, des prieurés, ainsi que des recteurs ayant dirigés la paroisse depuis Raignier en 1096, jusqu’à Magloire Leray en 1872.

Carte postale. Collection particulière.

Du fait de cette quantité foisonnante d’informations, le Pouillé historique de l’archevêché de Rennes constitue une source essentielle pour celui ou celle qui s’intéresse à l’histoire locale en Ille-et-Vilaine et plus particulièrement encore à son patrimoine religieux. Il se révèle même un précieux témoignage dans les cas – relativement nombreux depuis cette période – où des édifices religieux ont été détruits. Comme par exemple à Janzé, qui a débuté la construction d’une nouvelle église paroissiale en 1874, condamnant par la même occasion la vieille église Saint-Martin. Cette dernière nous est brièvement décrite dans son architecture, mais c’est une des seules sources à notre disposition pour savoir à quoi elle ressemblait. En cela, l’ouvrage de Guillotin de Corson permet de remonter le temps.

Thomas PERRONO

 

 

 

 

1 Tome 1, tome 2, tome 3, tome 4, tome 5, tome 6.